Commentaire de la catégorie : 'Coups de gueule'

Et si nous pouvions cloner Marc ? (par Eric CERCEAU)

8 h 30 – dernier vendredi du Mondial de l’Automobile.

J’ai rendez-vous avec une belle marque à laquelle je vais présenter une offre de service bien ficelée. J’ai pris le métro. Pas de parking ni de bouchon pour aujourd’hui, juste le flot bougon et agglutiné des embauches parisiennes.

Stress ou prostate, je repasse une tête en surface à l’Etoile. J’ai bien fait de m’équiper MOBILIS. Il m’est venu à l’esprit l’avenue de Wagram et ses deux toilettes publiques à proximité de la bouche du RER. Pas de chance, fermées ! Les deux, voyants rouge allumés, se disent en « dérangement». Joli le service !

Je continue. Pas le QUICK, ni le MAC’DO – forte probabilité de se faire jeter à cette heure là !

Puis vient la CAMBRIDGE TAVERN aux allures de pub anglais très sympathique. J’entre et fonce tout direct vers les commodités. Je croise un aimable bonjour qui me comprend sans me juger et me propose à la volée l’expresso de mon retour de sous-sol.

Je reviens. Ma place est désignée par l’expresso promis et un verre d’eau. Même à 2,50 €, le petit plus rafraichissant est rare de nos jours. C’est une table pour quatre, avec banquettes, face à l’écran plat de la télé.

Je me pose et touille mon moment de détente. Puis vient Marc, le garçon, auteur à la fois de mon accueil et de l’interpellation préventive. Il est souriant, courtois, détendu et se montre disponible malgré l’affluence. Je fixe cette télé, qui comme tant d’autres en ce moment, ne sait que dégueuler le mot « crise ».

Puis vient la question de Marc, toujours debout près de ma torpeur : « Comment vont les affaires en ce moment ? » Sublime question ouverte, née de l’imagination de Marc observant à la fois ma lourde sacoche et mon regard dubitatif vers la télé.

Et me voilà parti avec entrain à lui parler de mon activité, lui raconter mon entreprise, ma passion pour la qualité d’accueil, l’automobile et le Mondial. Je me surprends à ne plus compter le temps qui passe et les 18 dernières stations de métro à avaler avant d’être en retard à mon rendez-vous !

Marc écoute, rebondit, me parle de sa sœur vivant aux USA et passionnée du service qu’elle y trouve.

Un coup d’œil à la pendule me force à stopper ce bel instant. Fait incroyable, je tends ma carte à Marc qui en fait autant avec la sienne et y inscrit son numéro de portable. Il me jette « à demain » et me laisse replonger dans les tuyaux du métro.

Le souvenir de cet échange me marque encore dans la rame tant il est bref et pourtant teinté de convivialité, de simplicité, de recherche de l’autre et de profond respect.

A l’approche de la Porte de Versailles se déverse un flot de visiteurs venus pour le grand rendez-vous automobile. Les tontons, beau papa, cousins et copines évoquent avec enthousiasme les derniers modèles vus dans la presse, chez le coiffeur ou à la télé. Ils ont envie de tout voir et parfois certains d’acheter. « C’est une tradition, dit un ancien, toutes mes autos signées au Salon !»

Dans quelques minutes, ils seront sous les feux des stands, autour des belles autos… Je pense alors instantanément à tous les commerciaux qu’ils risquent de croiser dans la journée. Tous ceux que nous aussi avons croisés dans nos enquêtes mystères. Je revois quelques belles argumentations, mais aussi tant de désinvolture chez certains.

Je ressens encore, comme la balayette des objectifs dans le « trou de balle » du marchand d’illusions, le discours dépassé de l’affaire à saisir en ces temps difficiles. Parlons-en des temps difficiles …

Sans doute rien à voir avec ce manque d’harmonie dans la communication, cette absence de découverte des motifs de visite du « promeneur ». Que dire encore des « chiffons » pour ne pas évoquer quelques autres outils hygiéniques, sensés matérialiser une offre avec laquelle le même « promeneur » aura toutes les peines à convaincre « Manman » qu’il à vu l’auto de ses rêves.

Mais comme le dit souvent le commercial optimiste : « s’il est acheteur, il reviendra ! ».

Négatif moi ? Non, il y a (aussi) des professionnels. Vous le découvrirez prochainement dans les résultats de nos enquêtes mystères. Sous quelques jours, toute la profession pourra prendra acte des marques où se nichent ceux qui ont compris l’époque et les besoins des automobilistes de 2008.

Je garde simplement un peu de vague à l’âme, face à cette profession que j’aime tant. Comment l’aider à passer le cap et prendre conscience de son évidente évolution ?

Et si nous pouvions cloner Marc ?    

Ajouter 1 commentaire 22 octobre 2008


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